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La liposuccion

La liposuccion ou lipoaspiration est une technique de chirurgie esthétique qui permet d'éliminer les surplus graisseux par aspiration.

La graisse est connue de toutes et tous. Elle peut apparaître par prise de poids, elle peut disparaître en totalité ou en partie par amaigrissement, durable et contrôlé.

 

Il y a en fait deux types de graisse :

  • la graisse dite «métabolique », qui augmente avec la surcharge pondérale et disparaît avec l'amaigrissement ;
  • la graisse dite « de surcharge », ou lipodystrophie ou stéatomérie, qui persiste après amaigrissement :
    • soit de façon localisée,
    • soit de façon stéréotypée, au niveau du tiers inférieur, moyen ou supérieur du corps,
    • soit de façon généralisée.

Quelques exemples d'amas graisseux :

Graisses localisées :

  • la « culotte de cheval » chez les jeunes filles et les femmes,
  • les « poignées d'amour » chez l'homme.

Graisses stéréotypes :

  • lipodystrophie du tiers inférieur du corps, intéressant les genoux, les jambes ou mollets et les chevilles ;
  • lipodystrophie du tiers moyen du corps, la plus fréquente, intéressant les hanches, les fesses et les cuisses ;
  • lipodystrophie du tiers supérieur du corps, intéressant le thorax, les seins, les bras...

 

Les appartenances ethniques, les caractères héréditaires proches (parents) ou plus éloignés, certaines malformations, la puberté et la croissance (propres à chaque femme et chaque homme), d'éventuels traumatismes accidentels (ex : choc latéralisé sur la cuisse) ; certaines positions de travail, en particulier la position assise prolongée ; certaines habitudes alimentaires, la prise de poids ou amaigrissement ou l'évolution « yoyo » du poids peuvent être à l'origine de variabilités et/ou déformations diverses et variées localisant des amas graisseux disgracieux.

 

En pratique, outre ces particularités, de façon innée ou acquise, avec les circonstances de la vie et le temps apparaissent :

  • lipodystrophie localisée, stéréotypée ou généralisée ;
  • relâchement cutané, à l'origine de vergetures, d'excédent cutané et/ou de ptôse cutanée.

 

L'excédent cutané peut exister de façon isolée ou associée dans deux dimensions :

  • verticale (« ça pend ») et transversale, circonférentielle (« ça boudine »).
  • Quand l'excédent cutané est réel, seule une exérèse ou ablation par technique d'aspiration de tout ou partie de la graisse en surcharge éventuellement associée à une remise en tension (à effet lifting) peut corriger ces problèmes et va correspondre à la demande des patient(e)s.

 

Quand existe ou persiste une réelle tonicité cutanée et musculaire, la liposuccion suffit, mais elle ne se substitue ni a un régime alimentaire ni a l'exercice physique.

 

Le concept de cette technique ou procédé chirurgical appelée liposuccion ou lipoaspiration est celui de Yves-Gérard ILLOUZ, décrit en 1977 et dérivé de l'aspiration gynéco-obstétricale.

 

Le principe est le suivant :

  • supprimer radicalement et définitivement toutes les vraies surcharges graisseuses en les aspirant grâce à une dépression négative à partir de très petites incisions cachées dans les plis naturels.
  • L'opération consiste à introduire et manier des canules mousses, à bout arrondi, non tranchant, perforées a leur extrémité d'un ou plusieurs orifices, qui créent des tunnels respectant les vaisseaux et aspirent la graisse. La réfraction cutanée faisant le reste.

 

Le circuit de liposuccion est un circuit fermé.

 

Depuis sa mise au point, de nombreux progrès ou améliorations techniques ont concerné le matériel :

  • longueur et diamètre des canules,
  • introduction de canules très fines (2-3 min),
  • éventuelles « motorisations », diverses et variées...

 

Ces progrès ont permis de réaliser des aspirations de plus en plus superficielles et d'étendre les zones d'action a pratiquement toutes les parties du corps.

Ces préliminaires expliquent les indications et possibilités chirurgicales, les mini ou micro-cicatrices et les résultats escomptés en tenant compte de la qualité de la peau et de ses prévisibles capacités de rétraction.

Les principales indications de liposuccion

Elles sont logiques, et ce de façon isolée ou associée, intéressant :

 

  • classiquement :
    • les cuisses :
      • la face externe, la « culotte de cheval »,
      • la face interne,
      • mais aussi les faces postérieure et antérieure ;
    • l'abdomen, le ventre :
      • au-dessous de l'ombilic et latéralement,
      • mais aussi au-dessus et ce de façon plus ou moins étendue vers les côtes,
    • la face interne des genoux
    • les poignées d'amour
    • les hanches
    • les fesses
    • la face interne des bras.
  • mais aussi, de haut en bas
    • les bajoues du visage, ce qui redessine l'ovale du visage
    • le «double menton »
    • les seins, en particulier leur prolongement latéral, axillaire
    • les coudes et la partie supérieure des avant-bras
    • les « bourrelets » du dos
    • les jambes ou mollets
    • les chevilles.

 

En fait ou en pratique et selon les habitudes du chirurgien plasticien qualifié en chirurgie esthétique, toute région du corps peut être lipoaspirée ou liposucée.

Dans chaque cas, l'analyse de la (des) surcharges(s) graisseuse(s), de la tonicité et de l'élasticité

cutanée conditionne l'indication opératoire ainsi que le procédé utilisé et les éventuels gestes associés qui se décident entre le patient et le chirurgien.

La technique opératoire de la liposuccion

1) L'anesthésie

Selon les cas et l'importance des zones à traiter, à liposucer, elle peut être :

  • locale, uniquement,
  • locale, approfondie par des tranquillisants administrés par voie intraveineuse,
  • loco-régionale localisée,
  • loco-régionale étendue (péridurale ou rachi-anesthésie),
  • générale.

 

Le choix entre les différents modes d'anesthésie est décidé par vous, le chirurgien et l'anesthésiste.

 

2) L'infiltration

Elle fait appel à un mélange de sérum et de xylocaïne adréalinée a 1 %. Elle est réalisée «manuellement » à la seringue ou grâce à un dispositif, elle prépare la lipoaspiration, la facilite, limite le(s) saignement(s) et a un effet antalgique postopératoire.

 

3) L'aspiration ou liposuccion

  • Les incisions sont très courtes : de 2 à 4 millimètres.
  • La graisse est aspirée à l'aide de canules mousses, en réalisant un réseau régulier de tunnels qui respectent les vaisseaux, les lymphatiques et les nerfs .
  • Ces tunnels sont réalisés en éventail, s'entrecroisent à deux niveaux de profondeurs profonde et superficielle.
  • La quantité de graisse aspirée est adaptée à la qualité de la peau sous-jacente.

 

4) Les gestes associés

Prédominants ou secondaires, ils sont nombreux, et ce de façon isolée ou associée :

 

5) Le drainage

Il n'y a pas de drainage de principe mais, dans certains cas ou selon les gestes associés, un drainage est mis en place. Il sera enlevé au bout de 1 à 2 jours.

 

6) La suture

Elle est localisée :

  • soit inexistante,
  • soit réalisée par 1, 2 ou 3 points séparés de fil résorbables ou non.

 

7) Le pansement est :

  • limité aux voies d'abord (incisions),
  • complété par le port d'un vêtement de contention.

 

Ce1ui-ci sera mis en place soit au bloc opératoire, soit le soir même, soit le lendemain, et ce, selon les habitudes du chirurgien et chaque cas particulier.

Durée de l'intervention de liposuccion

L'intervention est de durée variable : de 15 minutes a deux heures selon la zone liposucée, la quantité de graisse aspirée et les gestes associés.

Il n'y a pas de drainage de principe.

La durée d'hospitalisation est fonction de la quantité de graisse enlevée et des gestes associés : de quelques heures (ambulatoire) à l ou 2 jours.

Les suites opératoires de la liposuccion

Elles sont habituellement simples, mais fonction de la quantité de graisse aspirée.

 

Sont naturels, dans les suites immédiates :

  • oedème (gonflement), qui disparaitra entre 3 jours et 3 semaines,
  • hématomes (bleus, ecchymoses) au niveau des zones aspirées, qui se résorbent dans un délai de 10 à 21 jours,
  • douleurs, d'intensité variable, en général peu importantes et pouvant être traitées par des antalgiques mineurs (de classe l),
  • fatigue passagère, les 3 premiers jours, surtout en cas de liposuccion importante.

 

Après trois semaines, peuvent exister ou persister :

  • quelques troubles de la sensibilité (dysesthésies),
  • quelques irrégularités des reliefs et/ou de surface,
  • une légère asymétrie, préexistante ou résiduelle.

 

Après trois mois (délai correspondant au temps naturel de la réfraction cutanée et de l'obtention du résultat morphologique) peuvent persister des imperfections de surface ou du (des) volume(s), accessibles à une correction chirurgicale sous anesthésie locale.

Complications possibles

Complications immédiates

 

Entre le jour même et le troisième jour peuvent survenir :

  • hémorragie, négligeable ou traitée par pansement hémostatique,
  • hématome retardé, lui aussi négligeable ou pouvant nécessiter son évacuation sous anesthésie locale,
  • inflammation, d'évolution naturellement favorable,
  • infection, prévenue par la prescription d'un traitement antibiotique per et postopératoire.

 

Une éventuelle désunion cicatricielle cicatrise toujours.

 

La complication la plus redoutée est la survenue d'accidents thrombo-emboliques : phlébite, embolie pulmonaire, traitées par traitement anticoagulant.

 

Complications secondaires

 

Vers la troisième semaine, elles sont inexistantes sauf en cas de non respect des conseils pratiques et/ou de terrain particulier.

Une phlébite secondaire est toujours possible.

Peuvent persister des imperfections localisées, des irrégularités de surface, une asymétrie résiduelle.

 

Complications à moyen et long terme

 

Entre trois mois et un an, elles sont inexistantes.

Toute imperfection, objective, peut être traitée par un geste chirurgical sous anesthésie locale.

Les aléas morphologiques sont liés à la qualité de la peau, son élasticité et sa qualité de rétraction, en partie imprévisible.

Suivi postopératoire de la liposuccion

La surveillance est normalement et simplement clinique, au troisième, dixième et vingt-et-unième jour postopératoire.

Par la suite, le suivi régulier et un éventuel traitement complémentaire (liposculpture localisée, injection(s) de produit de comblement) permettront la définition du résultat morphologique et esthétique final en conservant la communication et le contact avec le chirurgien.

 

Le résultat est définitif entre 3 et 6 mois, en fonction de la quantité de graisse enlevée et de la qualité de la réfraction cutanée.

Conseils pratiques pour une liposuccion

Avant

  • stabilité pondérale souhaitable,
  • motivation réelle,
  • compréhension du ou des gestes, des gestes associés et du léger inconfort postopératoire immédiat,
  • arrêt du tabac trois semaines avant l'intervention, afin de limiter le(s) saignement(s),
  • arrêt de la pilule chez la femme, afin de limiter le risque de phlébite postopératoire,
  • éventuels consultation de phlébologie et examen Doppler veineux des membres inférieurs, afin de juger du risque, pourtant imprévisible, de phlébite.

 

Après

  • arrêt de travail souhaitable de 3 à 10 jours selon l'activité,
  • éviter tout mouvement d'étirement brutal,
  • précautions à prendre lors des relations sexuelles pendant deux a trois semaines,
  • reprise progressive des activités sportives entre la troisième et la sixième semaine postopératoire, en particulier pour la moto et les sports équestres.