La face est un tout, même si on lui décrit, cliniquement et anatomo-chirurgicalement, trois étages, un supérieur (frontal), un moyen (naso-maxillaire) et un inférieur (mandibulaire), et ce de face et de profil.
Les critères artistiques et chirurgicaux veulent que les trois étages soient égaux, identiques en hauteur, mais leur largeur est variable. Ce sont ces largeurs variables qui ont permis et permettent encore de décrire différents types de visage : triangulaire à pointe inférieure (le menton), rectangulaire, ovoïde...
En pratique, seules comptent l'harmonie et la réalité ou l'apparence de la jeunesse retrouvée.
Au centre de tout visage harmonieux, le nez, ou pyramide nasale, apparaît et se voit en position centrale :
- de face, connue une pyramide à base inférieure (au-dessus de la lèvre supérieure) et à sommet supérieur (la glabelle, c'est-à-dire la jonction entre le nez et le front) ;
- de profil, connue une « projection » dont le sommet est la pointe ;
- en vue axiale (vue par en dessous) comme un tripode comportant la cloison et la columelle au milieu et les ailes narinaires latéralement.
Latéralement, les pommettes, sous-tendues par l'os malaire (« un colosse aux pieds d'argile » en traumatologie), sont matelassées par un « coussinet » adipeux ou graisseux. Ce sont elles qui donnent l'aspect « poupon », l'air permanent de la jeunesse quand elles sont marquées et/ou remarquées.
Elles peuvent aussi être « en retrait », hypoplasiques sur le plan osseux et/ou mal remplies sur le plan graisseux.
En bas, deuxième «proue» de profil, le menton (point de chute des enfants à l'âge de la marche et plus tard), donne le « caractère » de face et de profil. Sous-tendu par la partie proéminente antérieure de la mandibule (la symphyse), il est aussi constitué de certains muscles de la mimique (pouvant être affaiblis par la toxine botulique) et de graisse.
Les appartenances ethniques, les caractères héréditaires, d'éventuelles malformations congénitales (« becs-de- lièvre » et autres), la croissance (propre a chaque être humain), d'éventuels traumatismes (de sport(s), de loisirs, accidentels, professionnels..) sont a l'origine de variabilités et/ou déformations diverses et variées.
A titre d'exemples :
- le profil d'oiseau, ou « Vogeldesicht »,
- le profil de « sorcière »,
- le menton de Kirk Douglas avec sa « mythique » fossette, liée à l'hypertonie de certains muscles du menton.
L'étude ou l'analyse du profil est triple :
- clinique, de la racine des cheveux au cou,
- photographique argentique (format l8x24cm) ou numérisée via l'informatique,
- radiologique.
Cette analyse des proportions relatives et harmonieuses des trois étages du visage et de la projection relative de la pyramide nasale et du menton conduit à conseiller des gestes opératoires de chirurgie esthétique :
- soit sur la pyramide nasale seule, c'est la rhinoplastie de réduction ou d'augmentation ;
- soit sur le menton seul, c'est la génioplastie qui peut être :
- de réduction, si le menton est trop projeté (progénie),
- ou d'augmentation, si le menton est fuyant (retrogenie).
- soit sur les deux ;
- soit aussi sur les pommettes et il s'agit toujours ici d'augmentation par procédé chirurgical ou non ;
- soit aussi sur l'ourlet et la projection des deux lèvres supérieure et inférieure.
Indications de profiloplastie
Elles sont triples :
1. Simple remodelage, restructuration, visant à une harmonisation naturelle
Il s'agit ici de corriger, de façon isolée ou associée, quelques petits défauts innés ou acquis intéressant :
- la racine du nez, c'est-à-dire l'angle naso-frontal ;
- le dos du nez ou dorsum nasal ;
- la pointe du nez ;
- l'angle naso-labial, c'est-a-dire la jonction entre le pied de la cloison nasale et la lèvre supérieure ;
- la projection de la lèvre supérieure ;
- la projection de la lèvre inférieure ;
- le menton ;
- l'angle cervico-mentonnier, c'est-à-dire la jonction entre le menton et le cou.
2. Réduction «vraie» en cas d'hypertrophie
L'hypertrophie peut intéresser :
- la pyramide nasale (grands nez avec ou sans bosse ostéo-cartilagineuse),
- le menton (cr menton en « galoche »)
- ou les deux.
3 . Augmentation
Elle est indiquée en cas d'hypotrophie ou de désir particulier de la patiente ou du patient.
L'hypotrophie peut intéresser :
- la pyramide nasale (nez petits, plats, pointe peu projetée, angle naso-labial aigüe) ;
- le menton (menton en retrait, fuyant) ;
- les pommettes, au relief peu marque, en retrait.
- une ou les deux lèvres, mal ourlées, voire fines ou hypoplasiques.
Dans tous les cas, il est important de respecter et d'obtenir l'harmonie du visage, tant de profil que de face, afin d'obtenir un résultat naturel.
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