Accueil

L'otoplastie ou la chirurgie des oreilles décollées

La Face est un Tout et reflète son image (imago), à soi, devant la glace, et aux autres de visu de face à face.

De face, apparaissent d'emblée les yeux, le nez et les oreilles, en fait les oreilles externes ou pavillons auriculaires.

De profil, se remarquent les contours de la face et du crâne et, au milieu, les oreilles qui dessinent une courbe (ou des courbes) supérieure a convexité supérieure, postérieure a double convexité et concavité, et inférieure a convexité inférieure (le lobule).

Description des oreilles

Artistiquement, anatomiquement et chirurgicalement, on décrit au pavillon auriculaire, recouvert de peau sur toute ses faces, plusieurs parties ou portions ou reliefs « armés » de cartilage :

  • l'hélix, ourlé « en creux » ;
  • l'antehélix, tubulisé « en relief » ;
  • la conque, assimilable au creux d'une main ou à un nid ;
  • le lobule, prolongement ou excroissance de chair ;
  • le tragus, protecteur du conduit auditif externe (CAE) ;
  • l'antitragus, son antagoniste.

 

Toutes ces parties peuvent être :

  • soit harmonieuses en globalité ;
  • soit harmonieuses, certaines, mais globalement dysharmonieuses pour l'ensemble du pavillon ;
  • soit toutes déformées ou malformées, à l'origine des «oreilles dites décollées ».

Les anomalies possibles des oreilles

En particulier, sont visibles de face et/ou de profil un certain nombre d'anomalies ou de déformations, de façon isolée ou associée, étiquetées :

  • défaut de plicature de l'antehélix ;
  • hypertrophie de la conque ;
  • hypertrophie et/ou valgisation du lobule.

 

Ces anomalies sont les plus fréquentes.

 

D'autres peuvent exister isolément au coexister avec les précédentes :

  • anomalie de la racine de l'hélix ;
  • anomalie de l'ourlet de l'hélix ;
  • anomalie de la fossette naviculaire...

 

Les appartenances ethniques, les caractères héréditaires, certaines malformations congénitales, la croissance (propre à chaque être humain), d'éventuels traumatismes (de sport(s), de loisir(s), accidentels, professionnels...) sont à l'origine de variabilités et/ou déformations diverses et variées.

 

A titre d'exemples :

  • « L'oreille du demi-de-melée rugbyman » ;
  • « L'oreille du catcheur» ;
  • l'hypertrophie extrême du pavillon auriculaire qualifiée de «feuille de choux» ;
  • les lobules volontairement troués et déformés de certaines femmes africaines, au même titre que leur lèvre inférieure...

Les indications d'otoplastie

Elles sont triples, du plus simple au plus compliqué et impliquent les possibles idées et techniques opératoires suivantes :

 

1. simple remodelage, restructuration d'une structure, visant à une harmonisation naturelle.

 

Il s'agit ici de corriger, de façon isolée ou associée, quelques petits défauts intéressants :

  • la racine de Phélix ;
  • l'ourlet de l'hélix ;
  • la fossette naviculaire ;
  • la queue de l'hélix ;
  • la conque ;
  • le tragus ;
  • le lobule.

 

2. « recollage » des classiques « oreilles décollées ».

 

Le travail chirurgical doit intéresser ici toutes les structures qui doivent être « resculptées » :

  • l'antehélix qui doit être affaibli par chondrotomies et retubulisé ;
  • la conque qui peut être soit en partie incorporée au nouveau « tube » antehélicien soit partiellement réséquée ;
  • la queue de l'hélix qui peut être soit préservée soit en partie reséquée ;
  • le lobule qui peut être soit préservé en l'état, soit dégraissé, soit en partie réséqué.

 

Chaque cas reste un cas particulier.

 

3. recollage « extrême »

 

Il y a ici indication, outre les gestes précédents, à réséquer les trois faisceaux du muscle auriculaire postérieur, voire creuser ou approfondir la « cuvette » réceptrice mastoïdienne.

Dans tous les cas, il est important d'obtenir un pavillon auriculaire naturel et harmonieux, « recollé », mais sans trop, de face, et avec des courbes harmonieuses de profil.

Les techniques d'otoplastie

1. L'anesthésie

Elle est :

  • le plus souvent et possible sous anesthésie locale,
  • parfois sous anesthésie locale potentialisée par neuroleptanalgésie
  • de temps en temps, ou exceptionnellement, sous anesthésie générale.

 

2. La voie d'abord

Elle est toujours rétro-auriculaire, derrière l'oreille et donc la cicatrice résiduelle sera toujours cachée.

 

3. La résection cutanée rétro-auriculaire

La résection cutanée est de forme variable :

  • elliptique ou fusiforme ;
  • « en semelle de chaussure » ;
  • « en combiné de téléphone » ;
  • « à la demande », dessinée par transillumination et prédiction du résultat final (procédé JLC).

 

4. Le(s) geste(s) sur l'antehélix

La finalité étant d'obtenir un « tube » antehélicien harmonieux et naturel, les procédés sont variés mais consistent toujours à :

  • affaiblir la surface antérieure (chondrotomie) par râpage ou autre procédé ;
  • recréer un néo-tube à convexité externe naturelle par enroulement et fixation par des points postérieurs.

 

5. Le(s) geste(s) sur la conque

La partie postérieure de la conque peut être en partie incorporée au nouvel antehélix. Si cela est impossible ou déforme le pavillon, une ellipse ou « croissant de lune » peut être réséquée.

 

6. Le geste sur la queue de l'hélix

rien, ou résection « cunéïforme » pour éviter le valgus du lobule.

 

7. Le(s) geste(s) sur le lobule

rien, ou dégraissage ou résection partielle.

 

8. Les éventuels gestes associées

Ils peuvent concerner :

  • la racine de l'hélix : enfouissement, résection partielle ;
  • la fossette naviculaire : approfondissement, fixation profonde ;
  • l'ourlet hélicien : rien, râpage ou résection partielle ;
  • le tragus : enfouissement, chondrectomie, ou résection partielle.

 

9. La suture est rétroauriculaire

Elle fait appel à :

  • des points séparés ou à un surjet intradermique,
  • au fil non résorbable (points devant être enlevés vers le 7e à 10e jour) ou résorbable.

 

10. Le pansement est :

  • modelant,
  • modérément compressif ,
  • pour 24 à 48 heures.

 

L'intervention dure en pratique de 40 à 90 minutes.

Il n'y a pas de drainage.

Les oreilles sont « à l'air » au deuxième ou troisième jour.

L'hospitalisation dure de 1 heure (ambulatoire) à 24 heures.

Les suites opératoires de l'otoplastie

Le résultat de la chirurgie des oreilles n'est pas immédiat. Il s'analyse à 3 mois, les oreilles pouvant paraître hypercorrigées ou trop collées les 3 premières semaines.

 

Dans les suites immédiates, sont naturels :

  • oedème (enflure) ;
  • hématome (« bleu » aubergine ou violet) ;
  • insensibilité ou hypersensibilité du pavillon ;
  • parfois troubles de la sensibilité de la région rétro-auriculaire.

 

Des difficultés passagères d'audition sont possibles du fait de la proximité du conduit auditif externe et des réactions individuelles.

Toutes ces suites, si elles sont douloureuses ou mal vécues, sont accessibles à divers traitements locaux : lotion, crème, pommade, gouttes auriculaires...

Complications possibles des otoplasties

 

Complications immédiates

  • hémorragie, possible, accessible a un nouveau pansement, un tamponnement hémostatique voire a une « reprise » chirurgicale sous anesthésie locale ;
  • complication infectieuse, exceptionnelle mais possible en cas de diabète, ou de portage «exagéré» mais sain de staphylocoque doré ou autre bactérie ;
  • nécrose cutanée, pouvant être liée au terrain vasculaire (tabagisme, dépanocytose. ou à un usage exagéré d'adrénaline ou de xylocaïne ardrénalinée non diluée ou à un pansement trop compressif.

 

Complications secondaires

  • oedème résiduel, qui disparait au plus tard au troisième mois ;
  • complication infectieuse, à type de chondrite, exceptionnelle ;
  • imperfection du résultat, subjective et/ou objective ;
  • dégradation partielle du résultat morphologique de face et ou de profil, soit réelle soit issue d'impressions ou d'émotions particulières de la patiente ou du patient ;
  • cicatrisation hypertrophique rétro-auriculaire ;
  • dysesthésies persistantes auriculaires.

 

Complications à long terme (après 1 an)

  • imperfection du résultat, toujours subjective et/ou réelle ;
  • déformation résiduelle d'un des éléments remodelés, pouvant être corrigée par un geste simple sous anesthésie locale ;
  • déformations plus importantes à type d'oreille en pointe, d'« oreille de satyre », d'oreille déformée, toutes pouvant être corrigées par une nouvelle otoplastie ;
  • cicatrice rétro-auriculaire hypertrophique voire chéloïdienne, en particulier chez les patient(e)s de race noire ou métissé(e)s, pouvant être corrigée ou du moins améliorée par différents procédés (pansements silicone, injections de corticoïdes, curiethérapie).

Suivi clinique des otoplasties

La surveillance est normalement et simplement clinique, à l'ablation des points (sinon résorbables) ou de toute façon au 10e jour, à 3 mois et un an, puis éventuellement tous les ans.

 

Tout « problème » peut et doit être signalé à votre chirurgien à l'occasion des consultations de contrôle ou par téléphone.

Conseils pratiques concernant la chirurgie des oreilles

Avant

  • Les « oreilles décollées » ne sont jamais opérées avant l'age de 7ans, l'âge idéal étant celui du CM2, avant le passage au collège.
  • On n'opère ni les dysmorphobes ni les patient(e)s au psychisme fragile.
  • Une consultation préalable auprès d'un psychiatre ou d'un(e) psychologue peut être demandée.

 

Après

  • protection des oreilles recollées pendant trois semaines jour et nuit par un bandeau de contention, voire un bandeau de tennis ;
  • pas de sport classique pendant 3 semaines ;
  • pas de sport de combat pendant 3 mois ;
  • activités totalement libres après ce délai.